Comment lire la Bible ?

Le film La résurrection du Christ de Kevin Reynolds s’inspire en partie de la Bible, notamment à travers certains dialogues. Mais comment lire la Bible ? La réponse de Jean le Bassiste, en 5e année de théologie.

Dieu a parlé aux hommes par des hommes, et même s’il est inspiré par l’Esprit-Saint, un homme reste limité par son humanité : il a des limites de vocabulaire, de connaissances scientifiques et vis à une époque particulière qui n’est pas la nôtre aujourd’hui.

De plus, bien qu’inspiré par l’Esprit Saint, l’hagiographe (auteur de texte sacré) reste en pleine procession de ses moyens. Dieu l’inspire mais lui reste libre d’écrire comme il veut dans toute son humanité.

La preuve, certains auteurs ont fait des erreurs : « Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète : ils ont pris les trente pièces d’argent, la valeur de celui qui a été estimé, qu’on a estimé de la part des enfants d’Israël ; et ils les ont données pour le champ du potier, comme le Seigneur me l’avait ordonné. » (Mt 27, 9-10). En réalité, ce n’est pas de Jérémie mais de Zacharie (cf Za 11, 13).

Sans doute qu’au moment d’écrire, l’auteur n’avait pas le texte sous les yeux et n’a fait qu’une citation de mémoire. Les livres de la Bible, bien qu’ils contiennent du caduc ou du perfectible, sont pourtant les témoins d’une véritable pédagogie divine.
Pour bien comprendre la parole de Dieu, il est donc nécessaire de prendre en compte plusieurs critères :

  • Le genre littéraire : il n’y a pas que des textes historiques dans la bible. Il y a aussi des textes allégoriques, poétiques, prophétiques, apocalyptiques… ainsi que des Evangiles.
  • La culture de l’époque de rédaction : les textes ont été écrits à une époque où la femme était à tort considérée inférieure à l’homme, par exemple. Aujourd’hui Dieu merci, ce n’est plus le cas.
  • La connaissance du moment : vous ne trouverez ni le big-bang ni l’Amérique dans la Bible : à cette époque, on n’en parlait pas.
  • Ne pas oublier non plus que l’auteur vivait dans un contexte politico-économique donné. Certains ont écrit pendant des guerres, des déportations, des persécutions…
  • L’Ancien Testament (première partie de la Bible) n’est pas un écrit unique mais un ensemble de documents écrit tout au long de l’histoire d’un peuple dont la pensée à évolué avec le temps. Par exemple, l’idée du Dieu unique n’a pas existé dès l’origine du peuple, mais s’est développée par la suite : le peuple met du temps pour le comprendre. On a par exemple le Dieu El qui répartit le monde selon ses fils et son fils Yhwh (יהוה) reçoit le peuple d’Israël (Deutéronome, Dt 32,8). Ils commencent à se poser des questions de savoir s’il y a qu’un seul Dieu ou plusieurs Dieu qu’à partir du règne du roi Akhab qui s’est marié à une princesse phénicienne vénérant d’autre Dieux, Ils vont même se poser la question à un moment de Savoir si Yhwh est accompagné ou pas d’une Ashéra (une déesse) comme épouse qu’ils appellent « Reine du ciel » (Je 7, 18 ; 44,17).
  • De plus il est important de se rappeler que les auteurs ont écrit sous l’inspiration de l’Esprit Saint (aussi bien l’Ancien Testament que le Nouveau) et c’est donc à la lumière de ce même Esprit Saint qu’on comprendra pleinement le texte. A première lecture certains textes peuvent se contredire mais l’Esprit Saint se contredisant pas, c’est uniquement avec son aide qu’on peut comprendre les textes (une fois les textes remis dans leurs contextes historiques).
  • Enfin Dieu parle dans l’Écriture et dans la Tradition. Or Dieu ne se contredit pas lui-même donc on ne peut pas interpréter l’Écriture en contradiction avec la Tradition et inversement. En cas de doute, il est donc conseillé de s’en remettre à l’Église. C’est d’ailleurs le rôle de l’Eglise que de transmettre et d’interpréter les textes sacrés.

Quatre points importants pour lire la Bible

  • Il est important de se former : comment connaitre les cultures de l’époque de rédaction, le contexte politico économique dans lequel vit l’auteur, sans se former ? Sans oublier le fait qu’on ne lit pas le texte en version originale, mais une traduction dans notre langue qui peut perdre certaines subtilités du texte d’origine, voire même des jeux de mots. Comment comprendre tout cela sans étudier ces langues ou s’appuyer sur les bonnes traductions ?
  • S’appuyer sur la Tradition de l’Eglise semble essentiel. Certains affirment que seul l’Écriture compte, mais rappelez-vous que les Apôtres ont d’abord transmis par oral avant de mettre par écrit une partie de l’enseignement. Vous remarquerez d’ailleurs qu’il n’y a pas de texte dans la Bible qui définit quel livre doit être dans la Bible et quel autre ne doit pas y être. C’est la tradition qui a fixé cela… D’ailleurs, l’évangéliste Jean reconnait lui-même que tout ce qui se trouve dans son Evangile ne donne pas toute les paroles de Jésus, ni tous ses gestes. Il le dit dans son final (un peu marseillais sur les bords !) : « Jésus a fait encore beaucoup d’autre choses. Si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde entier pourrait contenir les livres qu’on écrirait. » (Jn 21, 25)
  • L’Écriture est indispensable. La Tradition seule ne suffit pas non plus. Rappelez-vous : « Ainsi donc, frères, tenez bon, et gardez ferme les traditions que nous vous avons enseigné soit de vive voix, soit par lettre » (2 Th 2, 15).
  • La Révélation s’accomplit dans la personne du Christ, annoncée dans l’Ancien Testament. L’Ancien Testament est donc incontournable. En effet, même si l’Eglise reconnait l’excellence du Nouveau Testament sur l’Ancien, et même une forme de supériorité méritée des Evangiles sur tous les autres textes, elle rappelle aussi l’importance de l’Ancien Testament pour les chrétiens. Je sais qu’un Nouveau Testament, c’est pratique à transporter et moins lourd, mais il vous manque une partie… Comment comprendre ces passages des Evangiles « ainsi s’accomplit la parole du prophète », «  ainsi s’accomplit la parole de l’Ecriture… » sans avoir lu l’Ancien Testament ?
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