Joseph Fiennes - La resurrection du Christ

Joseph Fiennes : « le thème de ce film, c’est la seconde chance »

Rencontre. C’est Shakespeare in Love qui l’a révélé au grand public, puis Hercule et Stalingrad. L’acteur britannique poursuit aujourd’hui son ascension en jouant le premier rôle dans un péplum hollywoodien trépidant sur les écrans français depuis le 4 mai : La Résurrection du Christ (déjà 700.000 entrées). Propos recueillis par Mateo Anderson pour  L’1visible, parue sous le titre « L’âme contre lame ».

La Résurrection du Christ est un film à part dans sa manière de nous faire revivre le plus grand mystère de la-foi chrétienne. En partant du récit des Évangiles, le réalisateur Kevin Reynolds a choisi d’introduire de la fiction dans l’histoire, en ajoutant un personnage fictif, joué par Joseph Fiennes. Il s’agit de Clavius, un tribun militaire romain, chargé par Pilate de s’assurer de la mort de Jésus qui vient d’être crucifié. ll doit aussi veiller à la mise au tombeau du corps et en assurer la garde pour empêcher les rumeurs de résurrection. Une tâche à laquelle ce païen s’emploie de manière pragmatique mais qui va le mener dans une enquête épique et mettre à mal ses propres certitudes. Un rôle marquant et engageant pour Joseph Fiennes qui nous révèle les secrets d’un tournage pas comme les autres (lire aussi : Secrets de tournage).

Qu’avez-vous pensé de ce scénario quand vous l’avez lu ?

J’ai beaucoup aimé cette idée de revoir l’histoire de la crucifixion, de la résurrection et de l’ascension du Christ par les yeux d’un non-croyant, un tribun romain. C’était vraiment très excitant. ]’avais le sentiment que j’étais en train de lire le scénario d’un film noir se déroulant aux temps bibliques !

Comment définiriez-vous Clavius, le personnage que vous incarnez ?

Au début du film, Clavius est un militaire, un homme strict, ambitieux, qui a passé vingt-cinq ans dans l’armée romaine. Il a donc une manière de penser très formatée. Je l’ai imaginé fatigué et pratiquement au bord du stress post-traumatique après toutes les violences et les morts qu’il a vus… Mais au fil de ses aventures, il arrive à un tournant : il réalise qu’il pourrait exister une vie après celle qu’il connaît sur terre, quelque chose qui dépasse sa façon de penser. Nous sommes finalement conduits vers l’histoire du Christ par l’intermédiaire de cet officier romain qui lui est diamétralement opposé.

Quel élément déclencheur va le transformer ?

Clavius vit une série d’événements qui le mettent face à sa condition militaire et mentale. Dès le départ, il est mis au défi par ce qui lui semble particulier. Mais c’est lorsqu’i1 pourchasse les disciples de Jésus qu’il est soudain confronté à quelque chose qu’il ne peut pas croire : il voit Yeshua, l’homme dont il a surveillé la mise a mort quelque jours auparavant. Cette révélation provoque un tournant.

Il paraît que vous avez travaillé avec des policiers pour aborder ce rôle ? Oui, c’est vrai, j’ai passé de longues heures avec un policier à discuter de la manière de conduire un interrogatoire. Même si La Résurrection du Christ est une histoire biblique, je voulais aborder les choses de façon pragmatique. ancrer Clavius dans la réalité, parce que je voyais vraiment le film comme une enquête policière digne d’un film noir.

Dans ce péplum, il y a des scènes de combat très réalistes, comment les avez-vous préparées ?Je suis allé à Rome et j’ai étudié les gestes physiques des soldats romains, pour mieux comprendre comment ils pensaient en tant qu’individus. Et, plus important encore, en tant qu’éléments d’une unité de combat. J’ai trouvé cela passionnant d’apprendre à quel point les tactiques et les techniques de guerre romaines étaient précises. Leur style de combat était dépouillé, brillamment orchestré et efficace. Ils se battaient épaule contre épaule, bouclier contre bouclier. Il y avait une précision chirurgicale qui correspond bien à l’esprit aiguisé de mon personnage.

Vous avez tourné ce film à Malte et au sud de l’Espagne, qu’avez-vous ressenti sur place ?

C’était vraiment génial d’être dans la région de l’Almeria — où Clint Eastwood a galopé à cheval dans un grand nombre de tournages de westerns spaghetti de Sergio Leone — car ce lieu est chargé d’histoire. C’était vraiment authentique.

Les éléments, le ciel, l’eau, interviennent dans des scènes finales et y jouent un rôle crucial. Kevin Reynolds a filmé cela magnifiquement, il a su capter la présence de Dieu dans la nature. Au lieu d’en faire des scènes purement fantastiques, il a réussi à leur donner une dimension spirituelle.

Et qu’avez-vous pensé du film quand vous l’avez finalement vu une lois monté ?

Cela m’a semblé vraiment authentique et m’a vraiment donné l’impression d’être pris par la peau du cou et déposé en Judée! J’ai aussi eu le sentiment que le parcours de Clavius était intense et subtil. avec une transformation intérieure complexe mais magnifique. Rien ne me semblait exagéré et j’y ai cru…

« Que vous soyez croyant ou non, vous pouvez ressentir des choses à travers cette histoire »

Qu’est-ce qui vous a particulièrement touché dans ce film ?

Il nous renvoie à notre propre condition et à l’idée de la seconde chance. C’est le thème de la rédemption dans la vie de Clavius. Ce militaire a « travaillé » dans l’industrie de la mort mais il rencontre l’homme qu’il a fait exécuter… qui lui pardonne ! Nous savons tous ce que cela signifie de faire un mauvais choix. Mais l’idée que nous pouvons être pardonnes est une chose merveilleuse, cela n’est pas seulement de l’ordre religieux. Voilà les choses qui m’ont parlé et défié
également.

Ce film peut-il toucher aussi bien les croyants que les non-croyants ?

Oui, que vous soyez croyant ou non, vous pouvez ressentir des choses différentes à travers cette histoire. Et nous avons voulu que cela soit aussi un grand moment de cinéma.

Lors de la promotion du film à Rome vous avez rencontré le pape François. Comment cela s’est-il passé ?

Cela n’arrive qu’une fois dans une vie ! Je me suis vraiment senti chanceux et privilégié. Le pape François est un homme que j’admirais déjà en suivant l’actualité, parce que je sens qu’il est une voix moderne et tellement nécessaire pour l’Église catholique, mais rien ne pouvait me préparer à le rencontrer. En un coup d’œil, juste en regardant ses yeux, vous découvrez que c’est un homme qui est profondément connecté, spirituel et authentique. Pour vous dire la vérité, je pense avoir pleuré comme un bébé…

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