Que s’est-il vraiment passé la nuit de la résurrection ?

Anne-Catherine Emmerich, stigmatisée du XVIIIe siècle (béatifiée par Jean-Paul II), a eu de nombreuses visions de la Passion et la Résurrection du Christ. Voici un extrait de ses visions concernant la nuit de la Résurrection. Il est intéressant de noter par exemple qu’il y avait, selon elle, six à sept gardes pour surveiller l’entrée du saint sépulcre, et non seulement deux comme cela est raconté dans le film La Résurrection du Christ, ce qui peut sembler plus crédible, compte-tenu de la puissance de l’armée romaine à l’époque…

Bientôt après, je vis le tombeau du Seigneur. Tout était calme et tranquille alentour. Il y avait six à sept gardes, les uns assis, les autres debout. Cassius, qui avait reçu de grandes grâces, n’avait presque pas quitté sa place dans le fossé, à l’entrée de la grotte, pendant toute la journée. Il se
trouvait encore là, dans la contemplation et dans l’attente.

Il faisait nuit. Les lanternes placées devant la grotte jetaient une vive lueur sur les parages. Le saint corps était enveloppé dans son linceul, entouré de lumière, et reposait entre deux anges que j’avais vus constamment en adoration à la tête et aux pieds du Sauveur, depuis la mise au tombeau. Ces anges avaient l’air de prêtres. Leur posture et leurs bras croisés sur la poitrine me rappelèrent les chérubins de l’Arche d’alliance, mais je ne leur vis pas d’ailes. Du reste, le saint sépulcre tout entier me rappela l’arche d’alliance à différentes époques de son histoire. Peut-être cette lumière et la présence des anges étaient-elles visibles pour Cassius, car il était en contemplation près de la porte du tombeau, comme quelqu’un qui adore le Saint-Sacrement (lire aussi : qu’est-ce que l’eucharistie ?).

Quatre des gardes étaient allés chercher quelque chose en ville quand il y eut une secousse dans le rocher. Les trois autres tombèrent presque sans connaissance. Ils crurent à un tremblement de terre. Mais Cassius fut très ému, car il voyait quelque chose de ce qui se passait, quoique cela ne soit pas très clair pour lui. Toutefois, il resta à sa place, attendant dans un grand recueillement ce qui allait arriver.

Entre temps, les soldats absents étaient revenus. Les saintes femmes avaient fini de préparer et d’empaqueter leurs aromates et s’étaient retirées dans leurs cellules. Elles ne s’étaient pas couchées pour dormir, s’appuyant seulement sur les couvertures roulées. Elles voulaient se rendre au tombeau avant le jour, car elles craignaient que les ennemis de Jésus ne leur tendent des embûches lorsqu’elles sortiraient.

Elles avaient manifesté plusieurs fois leur inquiétude, mais la sainte Vierge, pleine d’un nouveau courage depuis que son fils lui était apparu, les avait tranquillisées et leur avait dit qu’elles pouvaient prendre du repos et se rendre sans crainte au tombeau, car il ne leur arriverait pas de mal. Alors elles s’étaient un peu reposées.

Il était à peu près onze heures du soir lorsque la Sainte Vierge, poussée par l’amour et par un désir irrésistible, se leva, s’enveloppa dans un manteau gris, et quitta seule la maison.

Je me demandais avec inquiétude comment on laissa cette sainte mère, épuisée, si affligée, se risquer seule ainsi au milieu de tant de dangers.

Elle alla, plongée dans la tristesse, à la maison de Caïphe (le grand prêtre, ndlr), puis au palais de Pilate. Ceci l’obligeait a traverser une grande partie de la ville, et elle parcourut ainsi tout le chemin de la croix à travers les rues désertes, s’arrêtant à tous les endroits où le Sauveur eu quelque chose à souffrir, ou un outrage à essuyer. Elle semblait chercher un objet perdu. Souvent, elle se prosternait par terre et promenait sa main sur les pierres puis la portait à sa bouche, comme si elle avait touché quelque chose de saint.

La Sainte Vierge alla ainsi jusqu’au Calvaire, et comme elle s’en approchait, elle s’arrêta tout à coup. Je vis Jésus, portant son corps sacré, apparaître devant elle. Il était précédé d’un ange, il avait à ses cotes les deux anges du tombeau, et une troupe nombreuse d’âmes libérées le suivait. Il annonça à sa mère ce qu’il devait ressusciter et venir à elle avec son corps transfiguré. Elle devait l’attendre près de la pierre où il est était tombé au Calvaire.

L’apparition parut se diriger du côté de la ville, et la Sainte Vierge, enveloppée dans son manteau, alla s’agenouiller en priant à la place qui lui avait été désignée. Il pouvait bien être minuit passé, car Marie était restée assez longtemps sur le chemin de la croix. Je vois alors le cortège du Sauveur suivre ce même chemin, et tout le supplice de Jésus fut montré aux âmes des patriarches, dans ses moindres circonstances.

Les anges recueillaient, d’une manière mystérieuse, toutes les parcelles sa substance sacrée qui avaient été arrachées à son corps.

Il me sembla ensuite que le corps du Seigneur reposait de nouveau dans le tombeau, et que les anges y replaçaient, d’une façon mystérieuse, tout ce que les bourreaux et leurs instruments de supplice en avaient enlevé.

Je le vis de nouveau resplendissant dans son linceul, avec les deux anges en adoration à la tête et aux pieds. Lorsque le ciel commença à blanchir à l’orient, je vis Madeleine, Marie de Cléophas, Jeanne Chusa et Salomé quitter le Cénacle, enveloppées dans leurs manteaux.

Elles portaient leurs fleurs, leurs sucs extraits de diverses plantes, leurs essences et leurs huiles empaquetées, et l’une d’elles avait une lumière allumée, mais cachée sous ses vêtements. Je les vis se diriger timidement vers la petite porte de Nicodème.

La suite : demain…

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