Qu’a vraiment souffert le Christ ?

Le film La résurrection du Christ reste assez discret sur les souffrances endurées par le Christ : contrairement au film de Mel Gibson, l’histoire se porte sur l’après-crucifixion. Cependant, la crucifixion étant montrée à l’écran, on peut se mander ce que Jésus a vraiment souffert. La réponse du Père Samuel, à partir de différentes sources.

L’agonie

L’hémathidrose (sueur de sang) est un phénomène très rare mais bien décrit. Il s’agit d’une vasodilatation intense des capillaires sous-cutanés, qui se rompent au contact des culs de sacs de millions de glandes sudoripares. Le sang se mêle à la sueur ; c’est ce mélange qui perle et se rassemble et coule sur tout le corps, en quantité suffisante pour tomber sur le sol. Notez que cette hémorragie microscopique se produit dans toute la peau, qui est déjà ainsi lésée dans son ensemble, en quelque sorte endolorie, attendrie, pour tous les coups futurs.

La flagellation

L’énergie encaissée par Jésus lors de la flagellation serait de l’ordre de 4 000 joules, ce qui équivaut à recevoir deux fois par minute, pendant 10 minutes, une énergie suffisante pour être, à chaque coup, KO.

La flagellation est faite, sans doute, avec un flagrum à deux lanières au bout desquelles sont fixées deux balles de plomb ou des osselets. Sur le Linceul de Turin, on compte entre 100 et 120 impacts, soit entre 50 et 60 coups avec ce type de flagrum.

Les traces sont innombrables. On les voit sur les épaules, sur le dos, les reins, les cuisses, les mollets. Aux premiers coups, les lanières laissent de longues traces livides, de longs bleus d’ecchymose sous-cutanée. La peau, infiltrée de sang et déjà attendrie par les millions de petites hémorragies intradermiques de la sueur de sang, se fend sous de nouveaux coups. Le sang jaillit ; des lambeaux se détachent et pendent. Toute la face postérieure n’est plus qu’une surface rouge. On peut estimer la perte de sang à près de deux litres sur les cinq que nous avons.

Un épanchement liquidien dans la plèvre et dans le péricarde apparait. Tous les mouvements respiratoires et les battements cardiaques deviennent dès lors très douloureux et peu efficaces. Les reins sont commotionnés, entraînant l’organisme de Jésus dans une acidose aux conséquences rapidement mortelles. Dès ce supplice, les heures qui lui restent à vivre se comptent sur les doigts d’une main.

Le couronnement d’épines, coups et chemin de croix

Les épines pénètrent dans le cuir chevelu : « nous savons, nous chirurgiens, combien cela saigne, un cuir chevelu » précise le D. Barbet. Déjà le crâne est tout englué de caillots ; de longs ruisseaux de sang ont coulé sur le front, ont inondé les longs cheveux tout emmêlés et ont rempli la barbe.
Un grand coup donné obliquement a laissé sur la joue une horrible plaie contuse, et que son grand nez sémitique, si noble, est déformé par une fracture de l’arête cartilagineuse. Le sang coule de ses narines dans ses moustaches.

Le trajet a certainement duré une demi-heure au moins, pendant laquelle les plaies ont continué de saigner, la plèvre et le péricarde de se remplir de sérosité, les reins de compléter leur obstruction.

L’arrachement des vêtements

Jésus a été flagellé très sévèrement il y a environ deux heures, il lui manque 880 cm² de peau et de muscles sur le corps, on lui a remis sa tunique et son manteau qui ont d’autant mieux adhéré aux plaies que le bois de la croix appuyait dessus. Et tout cela a eu le temps de sécher… Or, n’avez-vous jamais enlevé un premier pansement mis sur une large plaie contuse et desséché sur elle ? Ou avez-vous subi vous-même cette épreuve qui nécessite parfois l’anesthésie générale ? Si oui, vous pouvez savoir un peu de quoi il s’agit. Chaque fil de laine est collé à la surface dénudée, et, quand on le soulève, il arrache une des innombrables terminaisons nerveuses mises à nu dans la plaie. Ces milliers de chocs douloureux s’additionnent et se multiplient, chacun augmentant pour la suite la sensibilité du système nerveux. Or, il ne s’agit pas ici d’une lésion locale, mais de presque toute la surface du corps. Imaginez la douleur de l’arrachement !

La crucifixion

L’espace de Destot qui sépare les os du poignet – chacun d’eux s’appuie sur son voisin – permet tout au plus de glisser une aiguille de 3 mm. L’introduction en force d’un objet de facture grossière, non poli, de 7 à 8 mm de diamètre, va donc faire exploser les structures du carpe ! La très forte mise en tension des ligaments articulaires avec la déchirure inévitable de ceux qui se trouvaient directement sur le passage du clou, la dislocation des articulations et le rabotage des surfaces articulaires, causent une douleur abominable.

Mais, surtout, au même instant son pouce, d’un mouvement violent, impérieux, va se mettre en opposition dans la paume : son nerf médian a été touché. Mais, alors, une douleur indicible, fulgurante, qui s’est éparpillée dans Ses doigts, a jailli, comme un trait de feu, jusqu’à son épaule et éclaté dans son cerveau. C’est la douleur la plus insupportable qu’un homme puisse éprouver, celle que donne la blessure des gros troncs nerveux. Presque toujours elle entraîne la syncope. Encore, si le nerf était entièrement coupé. Mais non, il n’est que partiellement détruit ; la plaie du tronc nerveux reste en contact avec ce clou, et sur lui, tout à l’heure, quand le corps sera suspendu, il sera fortement tendu comme une corde à violon sur son chevalet. Et il vibrera à chaque secousse, à chaque mouvement, réveillant la douleur horrible. Il en a pour trois heures.

L’agonie en croix

Jésus mesurait environ 1,80 m et pesait 80 kg. Quand, sur sa croix, il est à bout de force, il laisse pendre tout son poids aux clous des poignets, mais alors la douleur de dislocation est intolérable car la force de traction sur chaque clou est de 80 kg. Et, malheureusement, la position bras étirés vers le haut bloque la cage thoracique en inspiration forcée. En moins d’une petite minute, le sang manque d’oxygène, le gaz carbonique s’est accumulé, et le supplicié est en asphyxie. S’il ne peut vider ses poumons pour pouvoir les remplir ensuite d’air frais, il va mourir étouffé.
Il y a une seule solution : pousser fermement sur les clous des pieds tout en tirant sur ceux des poignets, mais tous ces points sont déjà tellement douloureux ! Il peut s’élever ainsi d’une quinzaine de centimètres, vider en partie ses poumons et les remplir plusieurs fois de suite, mais l’effort physique est intense et ne peut être maintenu ; il va donc s’affaisser à nouveau, tout son poids tirant sur les clous des poignets, et le manège va recommencer ainsi une à deux fois par minute jusqu’à la mort.

L’accumulation de gaz carbonique dans le sang d’une part, les contractions musculaires quasi permanentes pour tenter de respirer d’autre part, entraînent une transpiration intense. Elle provoque une déshydratation qui vient s’ajouter à celle de l’hémorragie. Il en résulte une soif ardente, des muqueuses ORL complètement desséchées, donnant l’impression d’avoir du papier de verre dans le fond de la gorge.

La soif sur la croix devait être atroce, car elle s’accroissait en permanence de minute en minute, et rien ne pouvait la soulager. Sur sa croix, le Christ est littéralement raide, et dans le Linceul, le corps de Jésus gardera la position qu’il avait au moment de la mort.

Sources :

  • Docteur Pierre Barbet, La Passion corporelle de Jésus, Archiconfrérie de Notre-Dame du Sacré-Cœur, 2012.
  • Docteur François Giraud, « Le Christ a souffert comme personne », Famille Chrétienne, n°1942, 4 au 10 avril 2015, pp. 13-15.

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