La Résurrection du Christ : la critique du magazine Pèlerin

La crucifixion et la Résurrection vues par un soldat romain non-croyant. Critique de Marie-Christine Vidal, pour Pèlerin (n°6963, 12 mai 2016).

« La plus importante chasse à l’homme de l’Histoire »

Elle aurait eu lieu il y a 2000 ans. Aux alentours des armées 30 de notre ère. Imaginez un tribun romain chargé de retrouver le corps d’un Nazaréen disparu de son tombeau trois jours après sa mort. Voici l’intrigue — purement fictionnelle —de La résurrection du Christ, le dernier filmvde l’américain Kevin Reynolds (réalisateur de Robin des bois, prince des voleurs).

Le résultat ? Un agréable mélange de péplum, de film d’action et de polar, dont l’originalité est de faire découvrir Jésus à travers les yeux d’un personnage imaginaire, le soldat païen Clavius, chargé de la mise à mort du Messie. Au fil du long- métrage, le regard du Romain sur Jésus va changer. « Je crois que je ne serai plus jamais le même », lâchera—t-il. De fait, le persécuteur d’antan, après avoir rencontré le Christ ressuscité, suivra les apôtres. Retourné. C’est le Britannique Joseph Fiennes, habitué des films historiques (il interpréta Shakespeare, Vivaldi ou Luther), qui a enfilé la cuirasse de Clavius. L’acteur, catholique, reconnaît avoir été touché par le rôle :

« Nul ne peut échapper aux résonances de l’histoire de Jésus dans sa propre vie. Ce film me permet de renouer la conversation avec la foi dans laquelle j’ai toujours baigné. »

Les spectateurs, eux, seront-ils remués par le film ? Pas impossible.

Car, comme l’estime le P. Denis Dupont-Fauville, professeur de théologie au Collège des Bernardins, à Paris, « il donne à voir concrètement ce qu’a pu être la surprise des apôtres et le choc émotionnel qu’ils ont dû assumer en voyant le Christ ressuscité ». Si l’expert relève quelques inexactitudes historico-théo-logiques (la couronne d’épines très stylisée, ou les linges du linceul déposés en vrac), il salue le souci historique du réalisateur. Et son courage de se lancer dans une entreprise aussi délicate que la mise en images… de la Résurrection. « Comment représenter Jésus ressuscité au cinéma ? demande le P. Dupont-Fauville. C’est la grande question ! Dans les Évangiles, les apôtres ne le reconnaissent qu’a des gestes qu’il pose. Or, dans ce film,il a la même apparence que le Jésus crucifié… »

Pas une raison suffisante pour dissuader les fidèles d’aller voir le long-métrage. Une précaution, néanmoins :

« Les images sont très fortes, mais il faut se garder de se dire ”Cela s’est passé exactement ainsi ?”. Je conseillerais à mes confrères prêtres d’organiser des débats après le visionnage du film. »

Une épopée documentée, racontée façon Hollywood.
Film américain, 1h41.
À partir de 13 ans.
Leur avis: 2 Pèlerins

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